Suivez-nous sur :

Suivez-nous sur linkedinSuivez-nous sur viadeo

Sortir de sa zone de confort, vraiment ?

 

Comment transformer ce concept théorique en comportements vraiment gagnants

 

 

Zone de confort

 

« Sortez donc de votre zone de confort ! ». 

Difficile d’échapper à cette phrase qui claque comme une évidence.

Qu’il s’agisse d’aider un(e) ami(e), mobiliser un collaborateur, ou coacher un manager, nous avons tous prononcé ou entendu cette injonction.

Elle est même très tendance. Sur les réseaux sociaux, fleurissent des vidéos avec de jolis dessins, nous expliquant toutes les vertus du concept, avec en message subliminal « allez-y, c’est facile et vous gagnez à tous les coups ». Magique !

 

Alors oui, sortons de notre zone de confort.

Et pour cela, commençons par sortir du monde de la théorie et de la pensée magique.

 

1. L’intérêt de sortir de sa zone de confort

 

L’utilité de ce concept  se mesure en deux temps.

D’abord, il s’agit d’adopter une stratégie et un comportement plus efficaces à un instant donné, par rapport à un objectif ou à une situation donnée.

 

Imaginez-vous bloqué dans un embouteillage, avec la perspective d’arriver en retard à un rendez-vous important.

Parmi les options possibles : emprunter un itinéraire différent, plus fluide, mais que vous ne connaissez pas. Vous n’êtes pas sûr de vous, devez parfois demander la route, ou faire confiance à un GPS pas toujours fiable, devez être plus concentré, et au final, vous arrivez à l’heure ou avec un retard mineur.

 

Dans un deuxième temps, en fonction du résultat obtenu, nous découvrons que nous disposons d’une autre manière d’agir ou d’autres options que nous pouvons intégrer à nos pratiques habituelles.

Nous élargissons alors notre zone de confort.

Dans l’exemple de l’embouteillage, vous connaissez désormais un nouvel itinéraire, que vous ne maîtrisez pas encore totalement, mais cela viendra en l’empruntant une nouvelle fois.

 

2. Pourquoi notre zone de confort est toujours l’option n°1

 

Il s’agit tout simplement de notre meilleur rapport efficacité/énergie.

Pour atteindre un objectif, et reproduire cette action avec efficacité de manière durable, notre meilleure ressource est de mobiliser nos atouts naturels et nos compétences fortes, avec le minimum d’énergie.

 

L'analogie avec le monde du sport professionnel est particulièrement éclairante : prenons l'exemple d'un match de tennis.

Chaque joueur entame le match avec l’intention de faire rentrer l’autre dans sa filière de jeu préférée (sa zone de confort).

Tout le match peut se dérouler selon ce schéma, simplement parce que chaque joueur est dans sa filière d’excellence, celle où le rapport efficacité/énergie est le plus élevé.

Jusqu’au moment où celui qui est mené au score se rend compte qu’il doit changer quelque chose, et va s’engager dans une filière de jeu qu’il maîtrise moins : prendre la balle plus tôt, monter au filet, tenter des amortis, etc.

Ce changement peut s'avérer payant, et également très gourmand en énergie. Tiendra t-il tout le match ?

 

Notre zone de confort n’existe pas par hasard : elle nous représente, dans ce que nous savons faire de mieux.

Là ou certains confondent confort avec paresse, je vous invite à lui associer plutôt l'excellence, l'efficience.

 

Il est donc sain de fonctionner le plus souvent dans le périmètre de notre zone de confort.

C’est même vital, car c’est un schéma qui correspond à nos besoins fondamentaux.

Tout comme il est sain d'en sortir le plus souvent possible, et d'y revenir rapidement, en y incorporant de nouvelles recettes, d'apprentissage tout d'abord, puis d'excellence ensuite.

 

3. Pourquoi est-ce difficile d'en sortir ?

 

Il existe une multitude de freins, et je vous en propose deux.

 

Le premier est d’origine sémantique : « sortir de sa zone de confort ». Quelle drôle d’idée !

« J’y suis si bien dans ma zone de confort, j’ai mis des années à la construire, et même avec cela ce n’est pas facile tous les jours. Alors en sortir, hors de question ! »

Tout l’enjeu se situe dans notre perception du rapport gain/perte de l’opération.

« Sortir de », c’est commencer par perdre.

« Elargir », c’est se mettre en perspective de gagner, et surtout ne pas confondre la fin (atteindre son objectif) et les moyens (adopter un comportement adapté).

 

Le deuxième frein est lié à nos méconnaissances, ce phénomène inconscient qui fait que nous disposons le plus souvent des informations nous permettant de faire face à un problème, et nous nous comportons comme si nous ne le savions pas.

Ceci altère notamment la perception de nos besoins, et des moyens pour les satisfaire, qu’ils soient dans ou hors de notre zone de confort.

 

Ce phénomène touche également toute personne qui nous « conseillerait » de sortir de notre zone de confort.

Si elle est impliquée dans la situation, elle a ses raisons. Nous serviront-elles vraiment ?

Si elle n’est pas impliquée, elle n’est pas neutre pour autant, car elle est impactée par sa propre définition et son vécu de la zone de confort, ainsi que par ses propres méconnaissances. Saura t-elle dépasser le stade du conseil et nous aider à initier le changement qui nous convient vraiment ? 

 

4. Comment procéder ?

 

Retenons les mots clés des points précédents :

  • Votre objectif
  • Vos options pour l’atteindre
  • Vos besoins
  • Les contraintes de l’environnement
  • Les rapports gain / perte, bénéfices / risques, efficacité / énergie
  • Vos atouts

 

La meilleure approche consiste à clarifier tous ces points.

 

Le joueur de tennis professionnel le fait en permanence, et en quelques secondes. Au préalable, il se sera préparé à s’adapter au contexte, lors de ses entraînements et dans des situations à faible enjeu.

L’apport essentiel de son coach aura été de renforcer ses capacités de clarification et d’adaptation.

Le joueur de tennis amateur, lui, tentera au mieux des coups extraordinaires, qu’il réussit rarement à l’entraînement, avec le résultat que vous pouvez deviner.

 

Vous, dans le cadre de votre métier et de vos responsabilités, n’êtes pas un amateur, et vous avez la possibilité d’adopter l’approche et les moyens du sportif professionnel.

 

Connaître vos atouts, connaître vos besoins fondamentaux et ceux liés à l’objectif, clarifier votre objectif, évaluer votre environnement, démarrer en prenant des risques modérés, vous entraîner, faire des erreurs, obtenir un feedback bienveillant, retenter, réussir, etc.

Voici les principaux ingrédients pour (sortir de) élargir votre zone de confort. 

Pour la recette, deux bonnes nouvelles : c'est la vôtre qui fonctionnera, et vous n'êtes obligé(e) de la trouver tout(e) seul(e). 

 

 

Olivier Hausheer

Développeur de Leaders 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

Pour aller plus loin  

 

 

Partagez sur :